PIECES PROPOSEES
DUEL AU CANIF
de GUY DE MAUPASSANT

TITRE : "DUEL AU CANIF"
AUTEUR : Guy de MAUPASSANT
GENRE : Comédie
DUREE : 1 heure 15
NOMBRE DE COMEDIENS ET TECHNICIENS : 5

ARGUMENT : C’est la seule pièce écrite par Guy de Maupassant qui en réalité préférait les contes, les nouvelles et les romans. On retrouve ici le trio classique de la femme, du mari et de l’amant. Une pièce poétique et sensible mettant en scène des personnages de la bourgeoisie de l’époque.

CONTRAINTES TECHNIQUES

OUVERTURE DU PLATEAU : 6 m
PROFONDEUR : 4 m
PUISSANCE ELECTRIQUE SOUHAITEE : 10 Kilo-Watts

SOURCE SONORE : lecteur CD
(le matériel est fourni par la troupe)

PRIX DEMANDÉ POUR LE SPECTACLE

• 1ère séance ……………………………………………… 500 €
• séances consécutives …………………………………… 400 €

En outre les organisateurs prennent à leur charge :

• les frais de transport (en cas de représentations hors agglomération) sur la base de :

* 0,5 euros du kilomètre pour le transport des décors (et deux techniciens)
• tarif kilométrique SNCF pour les autres personnes

• l’hébergement lorsque le déplacement porte sur plusieurs jours
• les frais de publicité et d’organisation

Pour tous renseignements complémentaires prendre contact avec nous !


Mise en scène …………………. Raymonde Varin

Décor ……………….............… Michel PITTE

Régie son et lumière …………… Jacky LELIÈVRE

Plombières, 5 août 1890
Ma bien chère Mère,

J’ai bien peu de choses à te dire, et je vais seulement te donner de mes nouvelles. Elles sont bonnes ; elles seraient meilleures sans l’humidité de cet air qui entretient mes névralgies de la nuque et des yeux. Le médecin le reconnaît : soit que j’ai attrapé ce genre de névralgie du cou à Cannes cet hiver, car elles sont fréquentes ; mais devant les résultats excellents de Plombières sur mon estomac et sur la santé générale, il est convaincu que le résultat consécutif du traitement sera parfait quand j’irai le chercher dans un climat plus sec. Il m’interdit absolument la Méditerranée en ce moment, car il croit que j’ai avant tout une maladie nerveuse. J’irai donc sans doute dans les Pyrénées, à moins que je ne finisse tout simplement mon été à Paris où j’ai, dans mon logis sec et clair tout ce dont j’ai besoin pour ma santé.

J’ai reçu une lettre de M. Seren, contenant en effet des réticences, des graines de difficultés. Je lui ai répondu d’une façon nette et ferme. J’ai écrit de la même façon à Mme de Maëyer, en leur disant, que si leur réponse ne m’est pas favorable, j’allais partir pour Biarritz que je préfère à Nice, car cette station est fréquentée toute l’année. J’ajoute qu’on m’y propose une maison très avantageuse. Je conclu en offrant une petit somme pour la prévision plus forte des travaux à faire.

J’ai une peur terrible que ta persistance à rester à Nice tout l’été n’amène encore dans ta santé des accidents déplorables. Je quitterai Plombières vers le milieu de la semaine prochaine, mais je te le ferai savoir.

A-t-on loué les roseaux ? Les Picards ont-ils payé ? Surtout préviens-moi un peu à l’avance quand tu auras besoin d’argent car je n’emporte pas de grosses sommes avec moi.

Je vais t’envoyer encore un tas de journaux ; mais cela ne sert plus à grand chose la vente ne marche presque pas malgré le gros succès de ce livre. Cela tient à ce que la Revue des deux Mondes m’a enlevé comme acheteurs tous les gens du monde de Paris, et en Province dans toutes les villes, le monde officiel, le monde des professeurs et des magistrats. Soit, de l’avis d’Ollendorff et des commissionnaires en librairie, 25 à 30 mille acheteurs au moins. Ca a eu d’autres résultats avantageux comme la pénétration en des publics différents. Mais c’est une perte.

Je viens de retoucher, même de refaire toute ma petite pièce en un acte – autrefois en deux actes sous le titre « La paix du foyer ». Je la crois maintenant parfaite et je ne doute pas du succès quand je trouverai une occasion très favorable de la faire jouer. J’ai pris comme titre une réplique de la femme. Le voici : « Duel au canif ». C’est en effet un duel au canif entre elle et son mari. C’est en parlant de lui seul qu’elle emploie ce mot bien entendu ; mais le public l’applique aux deux.

Adieu, ma bien chère mère, je t’embrasse mille fois de tout mon cœur. J’embrasse Simone, si elle est près de toi et j’envoie mes compliments affectueux à Marie Thérèse.

Guy de MAUPASSANT est né le 8 août 1850 au Château de Miromesnil, près de Dieppe en Haute-Normandie.

Après une enfance libre et vagabonde il entre en 1863 au Petit Séminaire d’Yvetot, puis fait deux ans de rhétorique au Lycée Corneille de Rouen. En 1869, il rejoint son père à Paris et s’inscrit à la Faculté de droit. Mais la guerre
franco-prussienne de 1870 éclate, MAUPASSANT s’engage et sera très vite versé dans l’intendance . En 1872 il sera officiellement libéré, après avoir payé un remplaçant.

Dès 1875, se sont ses débuts littéraires, sous l’influence de Flaubert. Auteur prolifique, MAUPASSANT ne cessera d’écrire :

- 1880 : Boule de Suif
- 1881 : La Maison Tellier
- 1882 : Mademoiselle Fifi
- 1883 : Une vie – Les contes de la Bécasse – Clair de lune
- 1884 : Miss Harriet – Yvette – Au soleil – Les Sœurs Rondolli
- 1885 : Bel Ami – Les contes du jour et de la nuit
- 1886 : La Petite Roque – Monsieur Parent – Toine
- 1887 : Mont Oriol – Le Horla
- 1888 : Pierre et Jean – Le rosier de Madame Husson – Sur l’eau
- 1889 : La main gauche – Fort comme la mort
- 1890 : L’inutile beauté – Notre cœur – La vie errante

mais dans le même temps il mène une vie trépidante et dissolue. Atteint d’une « syphilis à marche neurotrope » son état de santé ne cesse d’empirer et ses crises ne connaissent plus d’accalmies. Après une cure à Divonne et une tentative de suicide, Maupassant meurt le 6 juillet 1893.

C’est Zola qui prononcera son oraison funèbre : « …. Il était la clarté, la simplicité, la mesure et la force …. Il avait la bonté rieuse, la satire profonde …. la gaîté brave …. ses ancêtres étaient Rabelais, Montaigne, Molière, La Fontaine et ceux qui ne le connaîtront que par ses œuvres l’aimeront pour l’éternel chant d’amour qu’il a chanté à la vie. »

Théatre du Manteau d'Arlequin 20 Rue Masséna 76600 le Havre Tel: (+33) 02 35 49 10 21